Du 26 au 28 mars 2026, la Normandie vibre au rythme du FrancoBeats Festival pour sa troisième édition. Trois jours, trois sites, deux communes — et une programmation qui ne rigole pas. 13 artistes, 7 pays représentés, des tables rondes professionnelles et des coopérations internationales. Le tout porté par une ambition claire : faire de Rouen un carrefour entre les scènes françaises et africaines.
Jeudi 26 mars — Ciné, parole et performance aux Mots Éphémères
Ça commence fort et ça commence tôt. De 15h30 à 19h00, les Mots Éphémères (All. François Mitterrand, Hangar 105, Rouen) accueillent une après-midi pas comme les autres autour du documentaire L’Homme qui répare les femmes : La Colère d’Hippocrate. Le Dr Mukwege, son combat contre les violences faites aux femmes à l’Est de la RDC, des décennies de conflits — le film pose les bases d’une soirée engagée.
Dans la foulée, le Collectif Corps Diplomatiq prend le relais avec des témoignages directs, dont celui de Sarah Solo, membre du collectif, qui racontera une vie marquée par la guerre. La journée se conclut sur une performance mêlant voix, mouvement et musique. Poésie urbaine, rap, corps debout. Pas le genre de soirée qu’on oublie le lendemain matin.
Vendredi 27 mars — Musiques urbaines contemporaines au Trianon Transatlantique
Direction Sotteville-lès-Rouen dès 20h30 au Trianon Transatlantique pour une soirée dédiée au rap, à la pop indé et aux esthétiques afro-contemporaines.
Rocé ouvre le bal — rappeur et auteur engagé, vingt ans de carrière, un nouvel album en mars 2026 et une plume qui ne mâche pas ses mots. À ses côtés, Lotti, artiste havraise, apporte sa pop sensible et sophistiquée, inspirée de Frank Ocean et Raye — deux albums au compteur, et une vraie singularité. Dani Bumba mêle soul, rumba congolaise et chanson française dans un univers qui lui appartient totalement. Et Le J.O, originaire du Gabon, pose un rap trap-drill taillé pour les grandes scènes, avec un EP Fuck le paraître (2025) qui a déjà fait du bruit.
Samedi 28 mars — Reggae, ragga, dancehall au Quartier Libre
Le clou du week-end. Open air, de 20h30 à 01h00, 1 rue Malouet à Rouen — l’espace Agora du Quartier Libre accueille une affiche qui fait plaisir à voir.
Neg’ Marrons sont de retour. Figure majeure du reggae-hip-hop français depuis les années 90, le duo revient avec un nouveau projet et une tournée nationale très attendue. King Riddim, groupe pionnier du reggae normand, défend un reggae engagé nourri de rap, pop et électro — et c’est chez eux, la Normandie. Naftaly, figure du reggae roots ivoirien, apporte spiritualité et conscience sociale depuis Abidjan. Queen Rima, lauréate du Prix Découvertes RFI 2025, première femme à imposer le dancehall à l’échelle continentale, promet une énergie scénique qui devrait mettre le Quartier Libre à genoux. Et Salâam, artiste afro-ragga-dancehall rouennais d’origine sénégalaise, ferme la boucle avec un show fédérateur qui célèbre la paix, l’unité et la culture africaine.
Au-delà des concerts : un festival qui pense aussi la filière
Ce qui distingue FrancoBeats des autres festivals normands, c’est aussi ce qui se passe en coulisses. Des tables rondes professionnelles sont prévues autour des enjeux de coopération France-Afrique, de structuration des carrières et de modèles économiques pour les artistes. Des intervenants sérieux autour de la table : Didier Awadi (pionnier du hip-hop africain), Malick Kébé (directeur du FODAC en Guinée), Queen Rima, Ronan Chéneau du CDN Normandie-Rouen, des représentants de la SACEM, de NORMA, de Live Nation… Bref, pas juste des discours.
Le festival accueille également une résidence de création portée par le Collectif Corps Diplomatiq, dont la performance finale sera présentée pendant le festival avant d’être déployée dans les quartiers rouennais. Et une coopération artistique entre King Riddim et l’artiste ivoirien Naftaly — une rencontre scénique entre Rouen et Abidjan, pensée comme un échange durable entre deux scènes locales.
Infos pratiques
Billets disponibles sur linktr.ee/francobeats festival ou sur place dans la limite des places disponibles.
Les trois lieux sont accessibles en métro — arrêt Joffre-Mutualité pour Les Mots Éphémères et le Quartier Libre, arrêt 14 Juillet pour le Trianon Transatlantique.
Trois jours pour rappeler que Rouen a une scène, et qu’elle regarde loin.
